Sarah aux pays des bois charmants

On la disait douce, sensible, un peu rêveuse. Elle avait ce genre de regard qui semble toujours poser des questions, même en silence. À la croisée de deux chemins, celui de l’enfance qu’on quitte et celui de la femme qu’on devient. Sarah choisit un sentier qui la menait loin des autres, vers un lieu qu’on appelait les Bois Charmants.

Ce n’était pas une forêt ordinaire. On racontait que ceux qui s’y perdaient finissaient par s’y trouver. Mais encore fallait-il oser s’y aventurer…

La perte

Au début, elle s’émerveilla des lueurs dorées entre les feuilles, des chants d’oiseaux comme des secrets murmurés. En arrivant elle croisait des personnes qui revenaient du bois. Ils ne disaient qu’un simple bonjour, sans trop s’attarder.

Puis vinrent les brouillards. Des voix qui ressemblaient à la sienne, au point de la faire douter. Le bruit des branches, griffait ses certitudes. Elle trébucha, tomba, pleura. Plus d’une fois, elle songea à faire demi-tour.

Mais quel demi-tour ? Sa vie d’avant n’existait plus vraiment. C’est alors qu’apparurent les tentations.

Les mirages

Ils avaient des voix suaves et des sourires bien dessinés. Certains lui promettaient le confort d’un amour sans profondeur, d’un succès sans sueur, d’une lumière sans feu. D’autres portaient des masques familiers : des figures du passé, des illusions d’avenir.

Sarah les écouta. Elle faillit se perdre en eux.

Mais au fond d’elle, une voix plus discrète, plus ancienne, grondait doucement. Celle de l’intuition. Celle qu’elle avait longtemps fait taire pour plaire, pour ne pas déranger.

Un matin, après une nuit sans sommeil, elle se leva et dit « non ». Ce fut la première fois et loin d’être la dernière.

La marche

De ce refus naquit une force. Une lente, et puissante énergie. Elle ne cherchait plus de sorties, mais un sens. Elle recommença à marcher. Elle construisit des abris. Elle grava des mots sur l’écorce des arbres : je mérite mieuxje suis assezje suis moi.

Elle apprit à distinguer les chemins qui la vidaient de son essence, de ceux qui la nourrissaient.

Le passage

Dans son périple elle arriva devant des ruines. Un grand bâtiment vide, mais aux multiples ouvertures. Elle décida de traverser ce vide aux diverses échappatoires pour accéder à ce que la structure avait à cacher.   

Elle y trouva un arbre, dont les pieds formaient des contreforts. Elle s’en inspira pour bâtir son propre cœur, sa propre destinée. 

Sarah quitta les Bois Charmants. Pas parce qu’elle en avait fini avec eux, mais parce qu’ils l’avaient transformée.

Elle avait appris à marcher seule. À dire non. À aimer avec discernement. À s’aimer sincèrement. À s’écouter sans se trahir.

Elle entra dans le chapitre suivant de sa vie. Pas comme une héroïne parfaite, mais comme une femme solide, ancrée, vibrante d’une énergie nouvelle.

Et chaque fois qu’un doute tentera de revenir, elle se souviendra : « Je suis Sarah. J’ai traversé les Bois Charmants. Et j’en suis revenue plus vivante que jamais. »

Galerie

Un bel écho de tout ce dont on a discuté tout le long de la séance

Sarah

C’est raconté avec douceur, c’est agréable. Pourtant on comprend, que ça parle de sujets profonds, de blessures et de désillusions. Mais l’amour propre et la résilience triomphent

Orlane

La métaphore du bois charmant est magnifiquement choisie.

Elle résonne en chaque femme, quel que soit son âge. Car oui, une fois ce bois quitté, il n’y a plus de retour possible. 
quand une femme se trouve, qu’elle se choisit et se dit oui, alors tout change ! Elle devient puissante et inarrêtable.

Elle ne cherche plus à plaire, si ce n’est qu’à elle même et elle commence à rayonner. 
C’est là qu’émerge toute la force de sa Queen intérieure, celle qui était là depuis toujours et qui n’attendait qu’une chose : être révélée !

Malika

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Un avis sur « Sarah aux pays des bois charmants »

  1. La métaphore du bois charmant est magnifiquement choisie.

    Elle résonne en chaque femme, quel que soit son âge. Car oui, une fois ce bois quitté, il n’y a plus de retour possible.
    quand une femme se trouve, qu’elle se choisit et se dit oui, alors tout change ! Elle devient puissante et inarrêtable.

    Elle ne cherche plus à plaire, si ce n’est qu’à elle même et elle commence à rayonner.
    C’est là qu’émerge toute la force de sa Queen intérieure, celle qui était là depuis toujours et qui n’attendait qu’une chose : être révélée !

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